Une mise au point honnête sur notre cheptel — et une annonce qui va plaire aux pêcheurs.
Ce que nous pensions élever
En décembre 2025, nous avons lancé notre élevage avec 6 kg de lombrics, achetés sous l’annonce d’un mélange classique des trois espèces du lombricompostage : Eisenia foetida (le ver rouge tigré, le plus connu), Eisenia andrei (le « ver de Californie »), et Eisenia hortensis, aussi appelé Dendrobaena veneta — le grand ver européen.
Pendant six mois, nous avons élevé, nourri, observé. Nos bacs ont passé l’hiver dehors, sous abri mais sans chauffage. Le climat de Dordogne — humide, frais, parfois rude — a fait le travail à notre place.
Ce que la nature a sélectionné
En analysant nos vers cette semaine, le verdict est clair : nos camas de production sont dominées par Dendrobaena veneta. Le Foetida et l’Andrei ont régressé, le Dendrobaena s’est imposé. Sur les bacs de test plus récents, les trois espèces cohabitent encore. Sur les camas matures — celles qui produisent vraiment — c’est le grand ver européen qui règne.
Ce n’est pas un accident. C’est de l’écologie élémentaire : l’espèce la mieux adaptée au climat de Dordogne l’a emporté. Le Dendrobaena veneta résiste mieux au froid, aux variations de température, à l’acidité, et travaille volontiers sur les matières dures (lignines, branchages, fumiers compacts) que les autres Eisenia laissent derrière eux.
Hortensis ou Foetida ? Ce qui change vraiment
Pour vous, jardinier ou maraîcher, voici ce que cela signifie en pratique :
- Taille adulte : 10 à 17 cm pour le Dendrobaena, contre 4 à 8 cm pour Eisenia foetida. Trois à quatre fois plus de biomasse par individu.
- Digestion : le Dendrobaena veneta attaque la matière dure — c’est pour ça que notre humus est plus mûri, plus stable, plus complet à la sortie.
- Reproduction : plus lente que Foetida (1 à 2 vers par cocon contre 3 à 4), mais sur le terrain le rendement de lombricompost compense largement, parce que chaque ver pèse beaucoup plus lourd.
- Climat : reste actif là où Foetida hiverne. Nos camas tournent même quand il gèle dehors.
Au passage — son nom scientifique, Eisenia hortensis, vient du latin hortus (jardin). Même racine que horticulture. Pas un hasard : c’est, par étymologie comme par tempérament, l’allié naturel du jardinier.
Notre humus de lombric reste exactement le produit que vous attendez : artisanal, mûri six mois minimum, riche en vie microbienne, sans intrants chimiques. Simplement, l’ouvrier qui le fabrique est plus costaud que prévu.
Une opportunité qu’on ne pouvait pas laisser passer
Le Dendrobaena veneta est aussi connu sous un autre nom — un nom qui sonne familier à un autre type de client : le ver de pêche par excellence. Les pêcheurs européens l’utilisent depuis des décennies pour la truite au toc, l’anguille, la carpe et le silure. Sur l’hameçon, sa taille et sa vigueur en font un appât redoutable.
Plutôt que de continuer à élever discrètement ce ver pour le seul lombricompost, nous ouvrons une seconde ligne de produit à partir de la même production.
🐛 Nouveau — Vers Européens NosVers · Pêche
Dès Mai 2026, nous proposerons nos Dendrobaena veneta calibrés à la main pour la pêche, expédiés frais en barquette aérée depuis Neuvic :
- Format découverte 50g — environ 25 à 30 vers calibrés — 5 € (prix de lancement)
- Format standard 100g — environ 50 à 60 vers calibrés — 10 € (prix de lancement)
Garantie « arrivée vivante ». Conservation 2 à 3 semaines au frais. Élevés en Dordogne, jamais importés.
👉 Premier lot en vente maintenant — 9 unités disponibles par format. Tarif de lancement (5€/10€) maintenu jusqu’à fin août 2026.
Honnêteté > marketing
Nous aurions pu ne rien dire. Continuer à parler vaguement de « vers Eisenia » comme tout le monde. Personne n’aurait fait la différence. Mais ce n’est pas notre façon de travailler — ni le sol, ni l’élevage, ni la communication.
Ce que nous vendons, c’est ce que nous élevons. Ce que nous élevons, c’est ce que le climat de Dordogne a validé. Pas un catalogue. Une ferme.
— Angel & Africa